• Biographie et démarche
Ombre, clarté et matérialité au gré d'escapades all over. 
L’atelier est un terrain propice à toutes sortes d’extravagances fulgurantes et de désastres conjugués dans le vertige des possibles.

eJaffrain, diplômée en arts plastiques de l’Université Bordeaux Montaigne, s’engage dans un travail de plasticienne matiériste sensible aux fresques de Fra Angelico, à l’art informel de Tàpies et plus récemment à l’expressionnisme abstrait. 

Sa démarche artistique est axée sur l’évocation de l’existence éphémère quand les empreintes du passé se conjuguent au présent. Tentative de figurer toute l’essence qui émane de paysages protéiformes au plus prés du sens de la vie pour lesquels la trace, le signe en sont les composantes plastiques et esthétiques.   
 
Elle réalise une série de Natures mortes et Vanités aux contours anthropomorphiques puis s’oriente depuis 2008 vers la création de Paysages et territoires protéiformes abstraits. Sur les rivages d’un lieu, d’une rencontre, d’une image furtive, d’une sonorité, d’un mouvement, d’une émotion, les paysages présentés fixent des séquences de temps suspendu. Les formes aléatoires, modelés, méandres, couleurs, graphismes, plâtre, empreintes monotypes ou photographies s'invitent dans les zones de turbulences de ses recherches plastiques. 

Dans le cadre de ses expositions monographiques en particulier Cendres et autres vanités à l’Espace d’Art contemporain La Tôlerie à Clermont-Ferrrand en 2007 et l’Essence de l’ombre au Centre Culturel de la Visitation à Périgueux en 2017, les vastes lieux à disposition ont permis la mise espace de ses installations.

Les Cendres de la mémoire, une toile de 4mx2m parée de cendres et de peinture rouge est relayée au sol par une même étendue de cendres et de roses. Exposée également au Château d’Excideuil en 2011 cette installation est une référence à l’Oeuvre monumental d’Anselm Kiefer. Vanitas est un montage photographique dans lequel elle se met en scène. Chambre d’écho n°XVII dans le Jardin blanc est constituée d’albums photos plâtrés, une accumulation de souvenirs figés. Son assemblage Polyptyque blanc s’inscrit dans la démarche d’une re-création spécialement réalisée pour la Chapelle de la Visitation. Huit anciennes toiles sorties de l’ombre de l’atelier sont recouvertes de plâtre et de poudre de marbre. Ce dispositif plastique se présente sous la forme d’un retable avec prédelle conservant  les traces du travail passé. 

La mise en œuvre d’une matière picturale tellurique constituée de cendre de bois, pigment et poudre de marbre a jalonné ses recherches plastiques de 2002 à 2013. La nécessité  de changer de cap artistique s’impose à elle.  Elle abandonne les teintes terreuses et sourdes, patinées de pigment noir ou ocre qui l’embarrassent et l'étouffent. 

Après un retour sur l’étude des Nymphéas de Monet, elle élabore sur papier une série de dessins-paysages abstraits alliant transparence, lumière et poésie. Elle combine lavis d’encre, aléatoire du tracé d’un fusain, empreinte monotype et matière picturale se tout en alternant peinture blanche et colorée, graphisme et liberté du geste pictural. Ses Instants poétiques, des clichés photographiques de pétales blancs éphémères échoués sur une nappe d’eau sont de nouveaux paysages narratifs, fragiles, sensibles et allégoriques qui complètent son travail sériel.

En 2020 lors du confinement, elle porte un nouveau regard sur ses anciennes peintures. En reconsidérant leur intérêt, elle en détruit certaines. Seule la trace photographique de ce travail est conservée pour restituer la mémoire du travail antérieur. Elle réalise également une série de photographies Confinement Jour et Nuit, des vues de sa fenêtre à différentes heures du jour et du crépuscule, pour garder trace de cette période si étrange. Son assemblage Hommage à Germano Celan est une pièce de petit format constituée de bois doré, béton, clou rouillé et fin branchage, des matériaux pauvres magnifiés caractéristiques de l’Arte Povera. 

Les toiles Messages perdusAfrica-tôle et Procession ont intégré le Fonds d’art contemporain de la Dordogne. 
"Chaque toile apparaît comme une prise de vue qui exalte les détails d'un monde transformé en une abstraction. On y trouve notamment l'éblouissement que l'on ressent dans un village méditerranéen aux maisons chaulées; écrasées de chaleur et de lumière. Des oeuvres complexes, riches d'empreintes, mais cependant sans artifices inutiles. Marie Cécile Ruault-Marmande Historienne de l'art FDAC-24

En 2005 elle participe à l’exposition collective Vénus en Périgord au Château de Biron en Dordogne et Vénus à la Galerie Area à Paris. "Souvent travaillées à l'horizontal, ses toiles sont issues d'un corps à corps, où le geste de peindre relève autant du visible que du geste du sculpteur". Alin Avila Commusaire d'exposition Venus Area Paris

Actuellement un travail figuratif se met en place, une scène d’atelier ; un nouveau paysage se construit pas à pas. Cette peinture à l’huile plus ou moins cernée de fusain préfigure la suite de son travail pour un projet d’exposition personnelle qui associerait peintures, installations, photos et textes. 

Sortir du seul silence pictural et convoquer tous les possibles même un retour à la figuration pour conter la suite d’un voyage tout en ombre, clarté et matérialité.

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Expositions personnelles et collectives en France et à l’étranger
Collections publiques et privées
Fonds départemental d’art contemporain de la Dordogne
Artothèque Trélissac (24)
Entretien pour le Catalogue Vénus en Périgord (area-revue 2005)
Interview Radio Périgueux 103 Art intime
Article Revue Famosa
Création en 2017 de l'Atelier 3Artm en Dordogne (cours d’arts plastiques
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