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Le Corps des choses 2011 Peintures - Sculptures - Installations  Exposition - Salles du Castelet du château d'Excideuil du 30 mai au 12 juin 2011Présentation de l'exposition, dans le cadre de la saison "Synoptiques". Textes de Dominique Le Lan-Tallet
Evelyne Jaffrain, est plasticienne d'origine périgourdine. Elle joue avec la matière qu'elle apprivoise et fait vibrer au sein d'un univers tantôt sombre, tantôt éclatant de blancheur. Temporalité et intemporalité cohabitent au sein de ses œuvres....
Giovanni Carosi, est sculpteur d'origine italienne né à Norma, à côté de Rome. Univers sensuel où où les sculptures en marbre côtoient les réalisations en aluminium, en plâtre vivement coloré, en résine filiforme...
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|   Le Corps des choses ou le dialogue de la matière Depuis le 30 mai les salles d'exposition du Château d'Excideuil présentent Le corps des choses qui rassemble des oeuvres de Giovanni Carosi, sculpteur d'origine italienne, et d'Evelyne Jaffrain, peintre matiériste. Le vernissage a eu lieu ce samedi 4 juin à 11 heures et les amateurs d'art ainsi que de nombreux artistes du Département étaient au rendez-vous. Il faut dire que la qualité de cette exposition ne peut laisser indifférent, que l'on soit éclairé ou profane. Les quatre salles du château ont été investies par les deux artistes. La première salle, dite des Chevaliers ainsi que la seconde, celle des Hospitaliers rassemblent de façon croisée les œuvres de Carosi et de Jaffrain. On accède à la première salle par un fléchage marqué par le tableau de Jaffrain intitulé "Hiroshima mon amour".
La mise en place des œuvres dans ces deux salles établit un dialogue de la matière (l'exposition s'appelle "Le corps des choses"). Les marbres et les bronzes de Carosi font écho aux peintures abstraites de Jaffrain qui intègre dans ses toiles toutes sortes de matières: sable, poudre d'or et de marbre, pigments, procédant par couches successives, sortes de strates sur lesquelles elle intervient par grattage pour retrouver la mémoire de son tableau. |
|   Le Corps des choses à la découverte de deux univers La première salle joue sur l'harmonie de gris et de bleus pastels des toiles qui établissent des correspondances avec les marbres gris de Turquie, blancs de Carrare, noirs de Belgique où alternent surfaces lisses et rugueuses. Les vides que Carosi ménage dans ses sculptures permettent un regard sur le monde en général et sur celui de Jaffrain en particulier. |
| La seconde salle prolonge le dialogue des toiles dans une harmonie allant du rouge au rose et les sculptures de marbre côtoient cette fois celles en bronze enrichissant le système des correspondances puisque le langage du métal vient ajouter son tempo. "Alba",( Aube") réalisée en marbre rose du Portugal instaure le contrepoint dans l'univers en noir et blanc de Carosi. Les sculptures appellent la caresse qui vient compléter l'expérience du regard. C'est le corps entier qui est sollicité, car comme aime à le rappeler Giovanni Carosi l'ouïe aussi doit avoir sa part, les sculptures parlent. |
| Dans les salles 3 et 4 du Castelet les deux artistes ne mêlent plus leurs œuvres. Chacun investit un espace qui lui est propre. Quand vous pénétrez dans la salle dite des Templiers l'univers coloré de Carosi vous assaille. Autour de deux statues de marbre qui rappellent les deux premières salles il fait tournoyer la perspective éclatante de ses toiles abstraites. La vitalité est ici le maître mot. Un hommage à Fellini, côtoie un clin d'oeil à Nicki de Saint-Phalle qui fait face à une sculpture arachnéenne. Un "Exode " de têtes dorées issues de quelques catacombes surplombe l'échafaud que tracent les chevalets de l'artiste. Enfin niché dans l'espace de la tour le couple magnifique , "Adam et Eve", en fonte d'aluminium, occupe tout l'espace et capte la lumière, quintescence de l'oeuvre de Carosi.
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| Il ne reste qu'à gravir l'escalier en colimaçon de la Tour pour découvrir les installations de Jaffrain. On s'attendait à une montée vers la lumière et l'on débouche dans une sorte de salle funèbre. Tout ici évoque la fuite inexorable du temps. Univers de cendres. Celles qui engloutirent Pompeï dans l'Antiquité….. Cendres radioactives de Fukushima qui font écho à celles de Nagasaki et Hiroshima. Monde gris zébré de fulgurances rouges....
Le temps détruit tout.
"Memento Mori! " "Vanitas vanitatum, omnia vanitas." A la manière des peintres du XVIIème siècle Jaffrain nous propose des Vanités.
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|   A propos des installations Les Cendres de la mémoire, Fukushima et des toiles PompeiEvelyne Jaffrain présente un extrait de "L'ange en décomposition" de Yukio Mishima (La mer de la fertilité IV)
Ce soir-là, le ciel était magnifique. Des traînées de nuages planaient sur l'océan tel le dieu des tempêtes en personne. Mais la grandiose forêt de nuages, aux teintes orangées, était décapitée par une autre couche nuageuse. Çà et là, les muscles puissants des nuées orageuses s'enluminaient, craintives, et le ciel bleu s'y déversait en avalanche d'azur, couche assombrie dont l'arc étincelait. C'était la couche de nuages la plus proche et la plus haute. Dans l'exagération de la perspective, les couches qui traînaient à la suite semblaient descendre par degré au-delà du ciel clair […] Parmi ces nuées semblables à d'antiques figurines en argile de guerriers, il y en avait qui suggéraient des dragons s'élançant furieux dans les ténèbres. Certains, devenant informes, se teintaient de rose. Bientôt, ils se scindaient en nuances suaves de rouges, de jaunes et de violet, et ils perdaient leur puissance tempétueuse. La face blanche et luisante du dieu avait pris la teinte cendrée de la mort.
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|   Ciao, CiaoQue cette exposition contemporaine soit présentée dans un lieu de mémoire, chargé d'Histoire souvent sanglante, renforce le propos. Le Corps des choses qui s'ouvre sur "Hiroshima mon amour "s'achève sur "Fukushima "avec dans l'entre-deux l'exubérance de la Vie. Les nombreux visiteurs qui viennent à la rencontre de Jaffrain et de Carosi ne regrettent pas le temps qu'ils passent là, car ils ne s'y trompent pas, c'est à la rencontre d'eux-mêmes qu'ils accèdent, mais transcendée par le talent des artistes.
Vue des salles d'expo :EJGG |
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